La mémoire
Dans les années cinquante, on ne disposait souvent pas d'autres moyens
que la neurochirurgie pour faire face à des crises d'épilepsie persistantes.
Le patient H.M. en est malheureusement devenu une célèbre victime....
Atteint de crise d'épilepsie dès l'enfance, H.M. a subit une
lobectomie temporale médiane bilatérale aux alentours de l'âge
de trente ans. A cette époque-là, nos connaissances des fonctions
corticales n'était pas assez développée pour prévoir
ce qui allait suivre.
A son réveil, H.M. était devenu incapable de se souvenir des
événements plus vieux de quelques minutes. Cela signifie que,
si on vous présentait à H.M., il pouvait avoir une conversation
tout à fait normale avec vous mais ne pas vous reconnaître cinq
minutes plus tard, alors même que vous vous étiez juste absenté
le temps d'aller répondre au téléphone.
H.M. gardait des souvenirs relativement précis de son passé jusqu'à
environ trois ans avant l'intervention. Mais tous les événements
qui se sont passés depuis lui ont totalement échappé. On
parle dans ce cas d'amnésie antérograde, c'est à dire qui
a débuté depuis l'accident.
H.M. pouvait téléphoner, donc retenir pendant quelques dizaines
de seconde un numéro de téléphone. Il pouvait également
faire du vélo, donc il se souvenait des différents gestes qu'il
faut faire pour guider un vélo. Enfin, H.M. pouvait parler, écrire
et lire correctement, ce qui signifie qu'il avait accès à la mémoire
des mots, aux constructions gramaticales et à l'écriture même
si cinq minutes plus tard on pouvait lui faire lire le même article qu'il
croyait lire pour la première fois...
Bien qu'humainement catastrophique, le cas de H.M. est très intéressant
car il met en évidence le fait que notre mémoire est en réalité
subdivisée en mémoires de types différents.
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